Un chiot n’est pas une page blanche

On aime bien se raconter que « tout est dans l’éducation », que si on s’y prend bien, on peut modeler un chiot et on faire ce que l’on veut. C’est d’ailleurs une pensée très répandue chez l’humain aussi… Pardon de vous décevoir mais… ce n’est pas vrai.

La génétique : le bagage invisible

Avant même d’ouvrir les yeux, un chiot porte déjà dans ses gènes une partie de ce qu’il sera. Sa santé, ses prédispositions comportementales (y compris l’agressivité), son niveau d’énergie, ses sensibilités… tout ça n’arrive pas par magie.
Sélectionner les reproducteurs pour leur tempérament stable, leur bonne santé (testée et vérifiée, pas « ah mais il va bien ! ») et leur conformité à la race, c’est le rôle d’un bon éleveur. Ce travail, « invisible » pour l’acheteur, pèse pourtant lourd dans la balance : il réduit les risques de maladies héréditaires, de comportements problématiques et de stress chronique.

Les premières semaines : la période cruciale

La socialisation ne commence pas quand vous ramenez le chiot à la maison : elle démarre dès sa naissance. Les interactions avec sa mère, la fratrie, d’autres congénères, l’humain… La découverte de sons, textures, odeurs et manipulations douces façonnent un chien sûr de lui… ou pas.
Un chiot séparé trop tôt de sa mère ou élevé dans un environnement pauvre en stimulations part dans la vie avec un handicap comportemental que, parfois, aucune « bonne éducation » ne peut rattraper totalement.

Pourquoi éviter le « chez un particulier »

Prendre un chiot chez un particulier parce que « c’est moins cher » ou « parce que c’est mieux qu’en élevage » est un pari risqué et souvent erroné (je parle ici de bons élevages, pas d’usines à chiots, et promis ces très bons éleveurs existent).
Chez les particuliers, pas de sélection des parents (« je voulais qu’elle soit maman et garder un chiot ! »), pas de réelles connaissances sur les périodes sensibles, pas forcément les moyens ou le temps pour une vraie socialisation… En réalité le travail d’un éleveur ne s’improvise pas sur une portée. Et c’est parfois les propriétaires qui, plus tard, en payent le prix (en frais vétérinaires, en séances de rééducation, en stress pour tout le monde).

Le bon élevage, un vrai investissement

Un éleveur sérieux ne « vend pas des chiots » : il construit l’avenir de ses chiens. Il prend soin de ses chiens et investit dans les tests de santé, la sélection des lignées pour une amélioration de la race, l’alimentation de qualité, les soins vétérinaires, l’aménagement d’un environnement stimulant… Ce travail a un coût.
Oui, un chiot d’élevage sérieux est « cher » à l’achat. Mais il vous coûtera souvent moins cher — et vous apportera bien plus de sérénité — tout au long de sa vie.

Un chiot n’est pas une page blanche. Il arrive avec son histoire génétique et ses premières expériences. Choisir où et comment il démarre sa vie, c’est déjà faire la moitié du travail pour en faire un adulte équilibré et en bonne santé.

Tiphaine – Éducatrice canin à Dijon
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