
C’est un grand classique… Vous rentrez, la poubelle est éparpillée partout, et là, votre chien adopte la totale : regard fuyant, oreilles en arrière, le corps qui se tasse et la queue basse… il se fait petit et se dirige doucement dans un coin reculé de la pièce. Et pour vous, c’est on ne peut plus clair : il sait qu’il a fait une connerie !
Sauf que non. Enfin pas vraiment.
La chercheuse Alexandra Horowitz a voulu creuser le sujet avec une étude devenue célèbre aujourd’hui. Le principe : interdire à un chien de toucher à un morceau de knack, puis laisser le propriétaire quitter la pièce. Évidemment, certains chiens craquent, d’autres non. (Et parfois la chercheuse enlève le morceau de knack sans le dire). Quand ils reviennent, certains propriétaires grondent leur chien, et d’autres ne disent rien.
Le verdict est sans appel : les chiens font leur tête de coupables non pas parce qu’ils ont conscience d’avoir fait une connerie, mais parce qu’ils vont se faire engueuler.
Mieux (ou pire) : les chiens qui n’avaient strictement rien fait (car c’est la chercheuse qui a enlevé le morceau de knack), mais que leurs humains ont engueulés, ont affiché une mine encore plus penaude que ceux qui avaient bel et bien désobéi.
Traduction pour la vraie vie
Ce qu’on prend pour des remords, c’est juste du signal d’apaisement pur et dur. Votre chien ne médite pas sur sa bêtise passée ; il réagit à chaud à votre tête de 3 mètres de long et à votre ton agressif. Il essaie juste de désamorcer la tension pour éviter que ça dégénère.
La prochaine fois qu’il vous fait son regard de chien battu, soufflez un grand coup : il ne s’excuse pas, il panique un peu face à ce que vous dégagez.
