
L’autre jour cela m’a perturbé car un client m’a dit « oui mais Milgram il est parfait… » Et je me suis dit « pas vraiment… » On ne va pas se mentir, je ne vous filme pas les moments casses-bonbons car dans ces instants là je suis plutôt à gérer… mon chien !
On va commencer par ce qui va bien : mon chien aime les humains, est à l’aise en campagne, se balade sans problème en ville, peut croiser chiens, coureurs, vélos, trottinettes ou poussette sans problème. Il a un très bon rappel, marche en laisse, sait rester seul chez moi ou en voiture en restant calme, est capable de m’accompagner au restaurant en étant sage. Il peut se faire garder et être sorti par d’autres personnes en restant cool et obéissant.
On est d’accord c’est pas mal, je suis d’accord ! J’ai un chien globalement bien éduqué, qui écoute relativement bien, j’ai beaucoup bossé, j’ai fait aussi des erreurs que j’ai tenté de rattraper du mieux que j’ai pu, etc. L’âge de mon chien qui est aujourd’hui adulte joue aussi en sa faveur : il est bien entendu plus mâture qu’à ses 1 an.
Allez… allons vers ce qui va moins bien maintenant !
Depuis ses 1 an / 1 an et demi (depuis l’âge adulte), Milgram est devenu bien plus sélectif et bien moins tolérant avec ses congénères. Il n’est plus copain avec « tout le monde » et ne souhaite pas de contacts directs avec certains chiens.
Ca donne quoi ? Pas un chien réactif, pas un chien qui attaque les autres chiens, mais un chien qui aime ses potes et pour qui c’est suffisant (ce qu’on retrouve très souvent chez ce type de race). Les chiots l’exaspèrent, il ne va souvent pas apprécier qu’un chien inconnu (« il est gentil ! ») nous fonce dessus et il peut faire de la protection de ressources envers ses congénères… bref pas l’idéal pour une éducatrice canin. Pour autant c’est un chien avec un caractère normal et je ne suis pas de celle qui castre « pour qu’il soit plus sociable » (ce qui n’est d’ailleurs pas toujours vrai).
Allez, deuxième point bonus : la gestion des émotions dans certaines situations bien particulières
Si on a travaillé et que Milgram gère 95 % des moments de la vie quotidienne, certaines (notamment celles que l’on croise moins souvent et donc qu’on a moins l’occasion de rencontrer et donc d’apprendre à gérer) peut faire exploser le seuil émotionnel de mon chien et là c’est la farandole du bordel façon malinois (aboiement, chopage de laisse, etc.) Les moments festifs en mouvements, avec des discussions animées et où mon attention est dirigée sur d’autres interlocuteurs sont propices à ça, mais également les situations de travail avec montée de frustration s’il ne comprend pas assez vite, si l’attente est trop longue, etc. Bien sût j’arrive aujourd’hui à le faire redescendre bien plus vite que lorsqu’il était chiot : il n’empêche que sa gestion émotionnelle n’est pas toujours optimale.
Voilà ce qu’il en est de mon chien parfait, qui l’est dans beaucoup de situations, mais qui comme tous les chiens ne l’est pas !
